( 19 juin, 2013 )

Un colis à livrer.

Perséphone maudissait son patron au plus haut point. Il était dur avec elle, il lui donnait toujours plus de travaille pour qu’elle finisse tard. Elle redoutais le moment de sa pause de midi, c’était toujours à ce moment précis, quand elle sortait du labo, qui lui  tombait dessus et  lui ordonnait de rester tard le soir prétextant des pellicules à développer, encore et encore.

Elle n’a jamais compris pourquoi ses collègues ne subissaient pas le même sort. Mais tous l’ignorait. Pas un seul ne lui adressait la parole depuis son retour de vacances, il y a trois mois.

Ses vacances, Perséphone ne s’en souvient pas très bien. Elle se rappelle avoir prit l’avion pour Haïti, l’hôtel franchement douteux en bord de mer, elle se souvient même avoir profité du beau soleil les deux premiers jours, puis plus rien. Quelques sensations lui reviennent parfois, mais rien de probant.

Ce midi, en descendant à l’accueil pour prendre une pellicule, elle vit un livreur déposer un colis à la standardiste.

 » C’est pour mademoiselle Creek.

- Encore des fleurs je suppose. Soupira la standardiste.

- Oui, des roses blanches, comme la dernière fois.

- Bien, je vais aller lui donner moi-même. Bonne journée. »

 

Perséphone suivit la standardiste de loin, comme tout le monde l’ignorait…

La standardiste, déposa les fleurs au pied d’une petite stèle en pierre et repartit à l’accueil.

Sur la stèle était gravé:

 

En la mémoire de Mathew JEWEL  ( directeur )

et de

Perséphone CREEK  ( laborantine )

tout deux disparu dans l’ouragan SOPHIE

qui eu lieu à Haïwi

le 6 Juillet 2002

Soudain, tout lui revient en mémoire, son histoire avec son patron, les vacances loin de tout, l’ouragan. Ils étaient morts, des fantômes.

Mathew l’a rejoignit, une expression calme et apaisante flottait sur son visage, il lui prit la main et disparurent tout les deux dans un nuage de fumée bleu.

 

( 18 novembre, 2012 )

Prisonnière

La lumière est tamisée dans cette pièce. Pièce qui n’en est pas vraiment une d’ailleurs. C’est un petit salon. Sobrement meublé, une table d’appoint est positionnée à côté du canapé. Une lampe halogène baissée au minimum.

Sur la petite table, trône un saut rempli de glaçons avec une bouteille de champagne et deux coupes.

Au milieu de cette pièce, face au canapé et à l’homme installé confortablement dessus, Mina se tient debout. Elle le fixe de son regard de braise.

Mina est strip-teaseuse. Pas de gaieté de coeur, bien sûr, mais il faut bien vivre.

Elle est légèrement vêtu, juchée sur des talons aiguilles de vingt centimètres, une robe noir avec une fermeture éclaire sur tout le devant.

Lui, a fière allure avec son costume flambant neuf, porté sans cravate. Il est jeune, la petite trentaine,comme elle.

-          Tu as droit à quarante minutes mon cœur, lui dit-elle de sa voix fluette mais tranchante.

-          Danses pour moi.

-          Tu ne veux pas trinquer d’abord ? en prononçant cette phrase, elle avance sa main pour se saisir d’une coupe.

Il attrapa vivement son poignet et lui dit, mâchoire crispée :

-          Tu danses et c’est tout.

Mina se dégagea rapidement, elle recula, puis se mit à danser, à se caresser le buste, les jambes.

-          Déshabilles-toi .

Ses mots, ses phrases, claquaient comme fouet. Mina était habituée à un peu de brutalité de la part de ses clients, cela ne l’a surpris pas. Elle continua sa danse.

-          J’ai oublié de vous dire, prononça l’homme, je t’ai réservé pour deux heures.

-          Tu ne vas pas être déçus, crois-moi mon cœur.

L’homme se leva brutalement du canapé, attrapa Mina à la gorge d’une main ferme, l’autre sur sa bouche, il approcha son visage du sien, ses lèvres effleurèrent lentement le visage terrifié de Mina. Il lui enfonça une seringue dans le cou et lui murmura doucement à l’oreille :

-          Toi non plus, tu ne vas pas être déçus.

Mina sombra instantanément dans un profond sommeil.

 

La police retrouva le corps de Blanche COLLER, alias Mina, dans un fossé, non loin de chez elle, entièrement nue.

Le légiste inscrivit dans son rapport, qu’elle a été violée à de nombreuses reprises, torturée à l’aide de cigarettes et de câbles électriques.

Il déclara qu’elle mourut asphyxiée par strangulation. Mais le plus frappant, le plus horrifiant, c’est qu’elle était enceinte, qu’elle a mené sa grossesse à terme, qu’elle avait accouchée deux à trois jours avant sa mort.

( 18 novembre, 2012 )

Une bouffée de cigarette

Elle est là, allongée à même la pelouse hirsute et défraîchie de son jardin, elle contemple les étoiles. Une main derrière la tête, l’autre portée à sa bouche pour inhaler une bouffée de sa cigarette.

Elle fume tranquillement en regardant les étoiles, elle ne pense à rien. Elle a atteint la tranquillité d’esprit.

Elle est seule, pas qu’à ce moment-là, dans son jardin. Elle est seule depuis plusieurs mois.

Un jour, il est parti en laissant un grand vide derrière lui. La porte s’est refermé sur dix années de passion. Dix années de passion ardente, dévorante, pour finir déchirante.

Elle a enfin attend la tranquillité d’esprit.

Après une longue dépression, des bêtises, elle a dit regretter, en vérité elle ne le pensait qu’à demi-mot. Elle a passé trois ans dans les geôles de cet institution psychiatrique. Abruti par les médicaments, enfermé, torturé avec cet appareil démoniaque qui vous envois de l’électricité tout droit dans le cerveau.

Mais elle n’est pas vraiment seule dans son jardin. Il est  là, couché, tout à côté d’elle, collé à elle. Il est froid, sans âme. Ils ne se disent pas un mot.

Ça ne servirait à rien de toute façon.

Elle le caresse, doucement, du bout des doigts.

Sa main se referme sur lui, elle le place au-dessus d’elle, inhale une dernière bouffée de fumée, puis le plonge avec lenteur et douceur dans son cœur.

Son dernier souffle danse dans l’air, comme une douce musique.

Elle a atteint la tranquillité de l’esprit.

Mais seulement pour elle.

Un jour, quelqu’un l’a découvrira, l’enterrera et la pleurera.

( 18 novembre, 2012 )

Les larmes du silence

 

Ses jambes repliées sur son torse, les bras pendants sur le sol, elle ne peut pas bouger. Il est

Là, debout devant elle, haletant, transpirant.

Elle tremble, les yeux rivés sur le sol. Un filet de sang s’écoule de sa bouche. Il l’a fixé, le regard emplit de haine.

Elle est nue. Il porte juste un pantalon.

Elle voulait l’aimer, elle voulait y croire, encore une fois. Il recommençait, comme toujours.

Il n’était pas comme ça au début. Il était aimant. Elle ne comprenait pas ce changement de comportement.

Elle ne peut fuir, bien qu’il ne l’aime plus et lui somme de rester.

Elle devait, non-seulement rester auprès de lui, mais aussi subir sa violence et la honte.

Sans relâche …

 

Elle fut libérée par un chaud matin d’été, elle fut libre. Elle flottait au-dessus de son corps. Elle vît le sang, son corps inerte.

Elle était triste de finir ainsi, mais elle était enfin libre.

( 16 novembre, 2012 )

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